Le design est de plus en plus connu pour cet aspect : avant d’espérer donner les formes appropriées à une solution, encore faut-il savoir à quoi on tente de répondre, comment elle va être utilisée… C’est l’analyse des usages.

Cela constitue sans aucun doute l’un des principaux apports d’une bonne démarche de design. Elle implique de se mettre à la place de l’utilisateur. Il faut être en empathie avec lui pour comprendre ses motivations, ses freins et aussi les codes (visuels, tactiles, sonores…) qui lui parleront le plus.

L’analyse des usages au sein d’une démarche de design n’implique pas obligatoirement de rencontrer l’utilisateur en direct ou de travailler avec lui (co-design). En fonction du temps et des moyens impartis (et aussi des spécificités de la cible visée), on pourra en effet pousser plus ou moins en profondeur ce travail : d’une simple prise en compte des données clients déjà connues (profils, évolution sur les dernières années, retours commerciaux…) jusqu’à un travail d’immersion terrain accompagné par des spécialistes des sciences humaines (sociologue, anthropologue, philosophe…). S’assurer ainsi de concevoir des solutions simples avant tout pour l’utilisateur (et non pas simples pour le bureau d’étude, ou simples pour la fabrication) est LE principe qui garantie la création de valeur ajoutée.

C’est pourquoi l’analyse d’usage n’est pas strictement réservée au début du projet. Face à une situation constatée, les améliorations ou nouveautés proposées vont automatiquement modifier la donne. Il est donc important de vérifier de façon continue que les usages réels sont bien en phase avec ce qui a été pensé. Là encore, on peut simplement se « mettre à la place » de la cible et jouer soi-même le testeur (ce qui permet déjà bien souvent de se rendre compte des plus grandes incohérences) et aller jusqu’à des tests grandeur nature. Lorsque cela n’est pas concluant, l’analyse des usages permet de déterminer ce qui crée le décalage et de repriser ainsi les besoins.